Economie & Finance
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Afin de mieux cerner notre propos, commençons par une définition du risque moral (moral hazard en anglais) dans le cadre d’asymétrie d’information. Le risque moral (encore appelé aléa de moralité) est le second concept induit par une situation d’information asymétrique. Mais, à la différence du risque d’antisélection, il s’agit d’un risque postérieur à la conclusion du contrat (”ex-post”). Le fait de conclure un contrat avec un agent risque de provoquer de sa part un comportement négatif (peu “moral”) susceptible d’aggraver a posteriori les conditions de la partie principale qui s’est engagée.

L’exemple classique est fourni en matière d’assurance. Le contrat est par nature aléatoire, c’est-à-dire que l’assureur couvre un risque dont il ne peut qu’estimer la probabilité de survenance. Or, le fait d’être garanti peut accroître la prise de risque de la part de l’assuré.

En supposant qu’une compagnie d’assurance accepte d’assurer les automobilistes contre les amendes et frais liés aux excès de vitesse, le risque est grand pour l’assureur de voir ses assurés rouler encore plus vite (et donc de devoir payer plus d’amendes) en raison même de l’assurance.

Certains prétendent aussi que le remboursement à 100 % des médicaments entraînerait une surconsommation médicale.

En économie financière (finances nationales ou internationales), la théorie conduit à affirmer que la remise de certaines dettes ou l’existence d’un prêteur en dernier ressort (Institution internationale, État ou Banque centrale) peut aussi inciter les agents endettés (par exemple des banques commerciales ou des pays) à prendre des risques excessifs affectant leur solvabilité puisque ces agents, quoiqu’il arrive, n’ont pas à craindre les conséquences de leurs actions.

En économie de la réglementation, une entreprise qui a passé un contrat avec les pouvoirs publics peut ultérieurement à la passation du contrat, se montrer peu efficace, voire inattentive à sa gestion (tel est le cas de l’entreprise indemnisée pour faire des investissements de dépollution qui se soucie peu, après avoir été indemnisée, de l’environnement ; ou du monopole public qui se préoccupe plus de son intérêt propre que de l’intérêt général).

La stratégie pour limiter le risque moral est double : elle passe par le contrôle du mandant ; elle peut consister aussi en l’intéressement de l’agent aux résultats afin de s’assurer de son efficacité effective.

Quid des plans de sauvetage actuels ?

Peu de gens se posent cette question, qui pourtant doit trouver un écho: certes les banques sont des entreprises à part, comme nous l’avons vue lors de précédents articles, mais en quoi des entreprises industrielles telles que General Motors ou Ford sont des entreprises aussi spéciales que les banques (qui détiennent nos épargnes et nos comptes courants et qui financent l’économie via la mise à disposition de crédits et d’outils de financement) ?

Bien évidemment, je ne proclame pas ici ma volonté d’assainir l’économie au point de faire émerger une volonté de mise à la porte pour chômage technique de milliers d’ouvriers américains du secteur automobile, mais je me pose la question suivante: sauver General Motors and Co. au risque de voir taper à la porte de l’état interventionniste d’autres entreprises en difficulté (infrastructures, transports, construction…) qui réclameront une forme de jurisprudence interventionniste (exagérée), ou laisser faire le marché (financement, loi sur les faillites aux U.S.A, fusions et acquisitions de certains pôles…) au risque évident de détruire des milliers d’emplois ?

Je ne pense pas qu’une réponse manichéenne puisse exister.

Mais une évidence subsiste tout de même: le risque engendré par une suite de faillites et de fusions acquisitions, entrainant des destructions d’emplois massives, est tout de même bien inférieur au risque engendré par une intervention de l’état (massive elle aussi), permettant aux (grosses) entreprises de prendre des risques surdimensionnés avec leur outils de production (tant du point de vue du capital financier que du capital humain et matériel). Car ne nous voilons pas la face: c’est bien d’une autorisation implicite à prendre un risque “anormal” dont on parle. En d’autres termes, c’est un problème (”massif”) d’aléa moral dont il est question ici. Il faudra pourtant choisir.

Aléa moral vs. destructions massives d’emplois

Les entreprises du secteur automobile sont les premières concernées, mais ne seront surement pas les dernières. En effet, la gestion déplorable de leurs anticipations de vente n’est pas la raison principale de la quasi faillite de ce secteur d’activité. La restriction du crédit (car 95% des achats de véhicules se font à crédit) conjuguée à une aversion des consommateurs/entreprises pour les investissements (confiance vs. automobile) reste la principale cause de la chute vertigineuse des ventes et des anticipations de ventes de voitures dans le monde.

De la même manière, des secteurs tels que la construction et l’immobilier, l’aviation et la construction navale (ou d’autres infrastructures), seront touchés. Faudra-t-il intervenir ? Posons la question en supposant que l’état (américain, français, allemand) intervienne: pourquoi ne pas intervenir ? En effet, si l’état intervient une fois, il est “obligé” d’intervenir mille fois car l’un réclamera comme l’autre prétextant, non sans torts, qu’il n’est pas une industrie négligeable (du point de vue du capital humain par exemple).

Le risque moral se manifesterait aussi par le fait que l’état, en intervenant, permet à ces entreprise (ou d’autres) de renforcer l’idée que la prise de risque est “assurée” par l’état qui renfloue les caisses.

Une crise sans fin ? Une crise a toujours une fin, mais les moyens d’y parvenir différent fortement selon les économistes et les politiques. Mais bien que le retour en grâce de l’interventionnisme est largement validé par tous les pays du monde, il faut rester calme et surtout ne pas se précipiter au risque de créer un crise encore plus grave pour les années à venir: le surplus de confiance envers l’état “assureur”. Sans pour autant me référer à une certaine main invisible du marché* (Adam Smith), il serait préférable de laisser l’économie trouver son chemin, même si l’on passe par des moments difficiles en termes de chômage et de déceptions.

Dernière question avant de clôturer cet article
En plus de l’arbitrage complexe exposé si dessus entre la limitation du risque moral et l’intervention permettant de “sauver” certains secteurs industriels tels que l’automobile, un second arbitrage doit être exposé et analysé au plus vite par l’administration (qu’elle soit américaine ou européenne): quel serait le différentiel entre le cout de la non-intervention (paiement par l’état des allocations chômage, pertes des charges salariales et patronales, baisse du pouvoir d’achat diminuant les recettes fiscales etc…) et le coût de l’intervention de l’état ? En effet, cela ne couterait-il pas plus cher à l’état d’intervenir au risque que cela ne marche pas (si l’économie ne suit pas, la demande n’est pas là, les stocks sont trop conséquents, la technologie (pétrole) est en transition (voiture électrique, normes écologiques)…) plutôt que de ne pas intervenir ?

Une chose est sure (et même certaine): l’état est perdant et par voie de conséquence nous sommes perdants (peut être pas nous mais nos enfants).

*Adam Smith n’est pas pour autant l’apôtre d’un capitalisme sauvage. Le principe du marché tel qu’il le décrit s’applique à l’économie artisanale de son époque. Il en a conscience et dénonce les industriels qui par les ententes et les monopoles tentent de contourner la loi du marché à leur seul profit. Ce n’est donc pas l’État qui menace le plus l’économie de marché mais plutôt les industriels, et il revient à l’autorité souveraine de s’assurer du respect des règles du marché.

Économie-Finance.com

La ministre de l’économie, Christine Lagarde, a indiqué lundi qu’une baisse temporaire de la TVA, comme le gouvernement britannique pourrait l’envisager pour relancer son économie, n’était pas à l’ordre du jour en France.

“La grande incertitude quand on baisse le taux de TVA, c’est de savoir à qui ça profite. Si ça profitait complètement aux consommateurs, ce serait sûrement une bonne mesure”, a estimé Mme Lagarde, interrogée par des journalistes en marge d’une réunion sur la finance à Paris.

Mais “si ça profite à l’ensemble des échelons de la chaîne entre le producteur et le consommateur, ça renforce les marges. Je ne suis pas sûre que ce soit l’impératif absolu aujourd’hui”, a-t-elle expliqué, jugeant en outre qu’une telle mesure risquait de stimuler les importations et donc de profiter aux économies étrangères plus qu’à la France.

Le gouvernement britannique a annoncé son intention de baisser temporairement son taux de TVA d’au moins deux points de pourcentage, selon la presse.

La TVA, actuellement à 17,5% en Grande-Bretagne, pourrait être abaissée jusqu’au minimum admis par l’Union européenne, soit 15%, mais serait remise au niveau actuel d’ici deux ans au plus, quand la situation économique s’améliorera.

En France, le taux normal de TVA est de 19,6%. Comme nous l’avions précédemment écrit dans notre article sur la rigidité des taxes, cette idée de flexibiliser les taxes peut permettre une relance de l’économie, ou du moins limiter la crise de confiance. Un choc suffisamment fort sur les taxes pourrait en effet limiter la casse, relancer (peut-être selon madame Lagarde) l’économie. Mais ce que madame Lagarde oublie en disant cela, c’est qu’une baisse de la TVA (non pas temporaire car la crise ne risque pas de l’être), permettrai un transfert implicite de l’argent de l’état à toutes les entreprises soumises à la TVA. Alors certes, comme vous le dites, cela ne peut que profiter aux entreprises. J’ai envie de vous répondre: et alors ? Nos entreprises n’ont-elles pas besoin d’argent en ce moment ? N’ont-elles pas besoin de soutien de l’état via des mesures d’assouplissement fiscales ?

Allons plus loin: si les entreprises gonflent légèrement leur marges comme vous le sous entendez (même si le mécanisme n’est pas à 100% réalisable car en cette période, les entreprises sont conscientes que pour continuer à faire des bénéfices et à passer le cap de la crise, il faut vendre plus et donc pour la plupart baisser les prix car ces mêmes entreprises savent pertinemment que le pouvoir d’achat des français est en berne depuis quelques mois), cela ne relancera pas l’embauche ? En cette période, je devrais reformuler ma question: cela ne limitera pas les licenciements ? En effet, une entreprise qui gonfle ses marges gonfle aussi, et on l’espère tous, son bénéfice. Sauf qu’en ce moment, le mot bénéfice se fait rare et l’on parle plutôt de perte (pour toutes les entreprises, sur tous les secteurs, à court ou moyen terme). Nous devrions donc poser la question de cette manière: cela ne limitera-t-il pas les licenciements ? Cela ne permettra pas d’avoir moins de gens au chômage ? Ces même indemnités chômage, qui les payent ? C’est vous ! Alors avez vous bien optimisé votre système fiscal, votre arbitrage entre baisser la TVA et avoir moins de chômeurs ou ne pas baisser la TVA et courir le risque d’avoir plus de chômeurs. Dans les deux cas, le budget de l’état sera affecté ! Donc que faire madame Lagarde ?

Je vais tout de même vous défendre mais je ne peux pas ne pas rester objectif tout de même: en effet, baisser la TVA serait une mauvaise chose. Non pas que cela augmenterai les marges, (car comme nous venons de le dire, en cette période, ce n’est pas si grave car cela peut, outre renforcer la consommation via une éventuelle baisse des prix, au moins limiter la casse issue des licenciements de masse qui se produisent depuis déjà plus d’un mois dans le monde entier), mais cela amputerai fortement le budget de l’état. En effet, la TVA est la principale ressource de l’état. C’est l’impôt qui génère le plus de recette fiscale, et le diminuer renforcerai le déficit budgétaire assez fortement.

Mais mon devoir d’objectivité doit reprendre le dessus et répondre simplement: tant mieux ! Et oui, en période de crise, quoi de plus normal qu’un état interventionniste qui injecte des deniers (et donc accroit son déficit) pour soutenir son économie qui, on en est certain maintenant, ne se relèvera pas toute seule. Rectifions cette dernière phrase avant de clôturer notre article: elle peut se relever toute seule car les mécanismes auto-régulateurs de l’économie de marché le permettent, mais à quel prix ! Attention, ne voyez pas en cela une quelconque diabolisation de l’économie de marché, que j’admire car je pense savoir de quoi je parle. Mais une système tout seul ne peut être bon. C’est comme un portefeuille financier: “mettre tout ses Å“ufs dans le même panier”, c’est accentuer ses risques. Diversifier reste la meilleure couverture. En ce qui concerne les dispositifs économiques, c’est pareil: une économie purement de marché, cela ne marcherai pas. Mais je pense que sans l’économie de marché, on ne s’en sortirai pas !

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Nous souhaitons répondre aux affirmations entendues ci et là à propos des moyens utilisés par les États (notamment la France et ses 365 milliards d’euros injectés) pour tenter de remédier à cette crise sans précédent. D’aucuns aiment à penser que de la même manière que l’état vient d’injecter 365 milliards d’euros dans l’économie pour “sauver” les banques, il peut résorber les 11 milliards d’euros de la Sécurité Sociale (plus communément connu sous le terme de “trou de la Sécu”) ou résoudre le problème du financement des retraites. Certains affirment même qu’en réunissant l’argent de tout les continents, on pourrait mettre fin à la fin dans le monde, euh pardon, la faim dans le monde…

Mais allons, réveillons nous !!!

L’état n’a pas, à proprement parlé, injecté en nominal 365 milliards d’euros. Il à prêté à des banques de l’argent sous certaines conditions (notamment la non restriction du crédit ou la fin des “parachutes dorés”), ce qui est bien différent d’une simple “donation” sous entendue par de nombreuses personnes pendant cette crise.

Certaines personnes osent encore penser voire affirmer, sans avoir ni étudié l’histoire (1929 en particulier) ni étudié l’économie (dont par exemple Diamond & Dybvig), que l’État, qu’il soit américain ou français, n’aurait pas du injecter, s’ingérer, prêter aux banques, et aurait mieux fait de construire des logements sociaux ou des emplois aidés (minces échantillons des nombreuses bêtises entendues).

Mais allons, réveillons nous !!!

Si l’état n’investit pas ou ne prête pas aux banques, autant pour renflouer leur pertes insolvables sans interventionnisme que pour relancer l’économie frigorifiée par l’assèchement du crédit et la raréfaction des investissements, les banques fermeront leurs portes. Cela n’a pas l’air de déranger outre mesure certaines classes politiques françaises (je pense au NPA par exemple, le nouveau parti anti-capitaliste d’Olivier Besancenot). D’ailleurs, cela n’a pas l’air de déranger certains concitoyens de voir une ou deux banques déposer leur bilan.

Mais allons, réveillons nous !!!

Si tel est le cas, notre économie s’effondrerait: Non seulement l’économie de marché, mais tout le système, dans sa globalité, qu’il soit communiste ou capitaliste. Les moyens de paiement seraient inutilisables (autant les cartes de crédit que les chèques). Le système d’échange classique d’un bien (ou d’un service) contre une rétribution monétaire s’écroulerait. Nous reviendrons à une économie de troc, et l’avenir serait réellement moins rose. En effet, que l’on soit capitaliste, libéral, socialiste ou même extrémiste (de droite ou de gauche, sauf anarchiste ou autre débile profond), nous avons tous des objectifs communs: être heureux, pouvoir échanger (cela touche autant la culture que l’achat purement mercantile), profiter de loisirs (et pouvoir utiliser notre temps non travaillé à des activités qui nous rendent heureux), être rétribué pour notre travail (quitte à la partager ensuite ou en faire profiter une collectivité ou un groupe plus large), être en bonne santé (et pouvoir bénéficier des meilleurs soins au monde) et être éduqué et éduquer nos enfants (similaire à la santé, on recherche le meilleur pour son savoir et pour l’éducation de la chair de sa chair).

Cependant, si l’on revient en économie de troc, suite à la faillite du système, ces objectifs seraient altérés du fait de frictions trop fortes à chaque échange. Dans une économie de troc strict, il se peut qu’aucun échange n’ait lieu car il se peut qu’aucune coïncidence des préférences (ou des besoins) entre certains agents se produise. L’introduction de la monnaie permet à chaque producteur (prestataire de services) de fixer un prix pour ses produits (services) afin qu’une personne lui achète un produit (service) dont le troc ne lui aurait pas permis de jouir. Par la suite, l’argent gagné par ce producteur (prestataire) conséquemment à cette vente lui permet de satisfaire ses préférences en achetant ce qui lui fait envie. Ainsi, l’introduction de la monnaie facilite la vie des individus. Ne revenons pas au statut économique de l’homme des cavernes par manque d’interventionnisme en temps de crise ou par idéologie.

Au fait, pourquoi l’homme des caverne n’avait-il pas besoin de monnaie ? Dans la préhistoire, l’homme vivait en petits groupes, au sein desquels la variété des consommations et la spécialisation étaient très faible : tous les hommes chassaient et rapportaient le produit de leur chasse au clan. Comme les produits de la chasse étaient homogènes, il n’y avait pas besoin de monnaie pour faciliter les échanges.

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Alors, en supposant que vous travaillez pour une banque centrale, prononceriez-vous ce divorce ? Plus simplement, si vous étiez Jean Claude Trichet ou Ben Bernanke, ou membre de leur centre de recherche économique, utiliseriez vous oui ou non des indicateurs monétaires afin de justifier vos positions quant à la décision de politique monétaire de la banque centrale pour laquelle vous travaillez (travailleriez) ?

Oui ? Non ? En général, une majorité répondrait que la monnaie est au plus utile, au moins source d’informations (et encore), pour la politique monétaire. Et puis après tout, une source de données supplémentaire, cela ne fait pas de mal !

Non, Non et Non martèlent Todd Keister, Antoine Martin, et James McAndrews dans leur dernières publication de la Fed de New York.

En effet, de nombreux banquiers centraux construisent leur politique monétaire en vue de garder un lien, aussi infime soit-il, entre le stock de monnaie et le taux d’intérêt à court terme. En particulier, leurs procédures de mise en Å“uvre de la politique monétaire exigent que l’offre de solde de réserve soit fixé précisément en vue de cibler le taux d’intérêt. Du fait que les réserves des banques jouent d’autres rôles clés dans l’économie, ce lien peut créer des tensions avec d’autres objectifs importants, notamment en période forte volatilité du marché.

Les auteurs considèrent une approche alternative à la politique monétaire mise en Å“uvre - connue sous le nom de système de “plancher” - qui peut réduire ou même éliminer ces tensions. Ils expliquent comment cette approche, dans laquelle la banque centrale paie des intérêts sur les réserves au taux d’intérêt cible, sépare (divorce) l’offre de monnaie et la conduite de la politique monétaire. La quantité de réserves des banques peuvent alors être fixés en fonction du paiement ou des besoins de liquidité des marchés financiers. En éliminant le coût d’opportunité de la détention de réserves, le système de plancher encourage également la répartition optimale des ressources dans l’économie.

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Question
Pourquoi est-ce que cette crise entraine une telle débâcle des indices mondiaux ? Certes, il s’agit d’une crise, mais pourquoi est-elle si importante et impacte-t-elle tant les indices tels que le CAC 40 par exemple?

Réponse
Le problème de la crise actuelle n’est pas si simple. Outre la baisse de la confiance des ménages et des investisseurs, le risque se porte en grande partie sur le système. Une crise systémique est redoutée ce qui contribue à la forte volatilité actuelle.

De plus, l’assèchement du crédit sclérose un peu plus l’économie réelle ce qui impact aussi fortement les opportunités de développement et se fait ressentir sur le marché financier, dont le CAC40 en est un des indicateurs. De plus, les ménages subissent eux aussi les conséquences de ce “crédit crunch” en ne pouvant plus emprunter comme avant, minant un peu plus leur confiance et la consommation (principal moteur de la croissance).

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Rigidité des taxes ?

Posté par Economie-Finance.com dans la catégorie Economie, Finance, Institutions, Politique budgétaire | 2 commentaires 

En cette période de crise financière majeure, les propositions constructives en vue d’améliorer le système bourgeonnent. En voici une qui ne manque pas de rappeler l’importance de la modernité pour le législateur.

Considérons un Etat législateur pratiquant la politique fiscale suivante: TVA à 19.6% (en moyenne), impôt sur les bénéfices des personnes morales à 40% (en moyenne incluant les cotisations sociales, les cotisations retraites, les impôts locaux, les charges patronales et autres taxes), impôt sur les revenus des personnes physiques à 40% (en moyenne incluant les cotisations sociales, les cotisations retraites, les impôts locaux et autres taxes et charges) et taxes du capital (épargnes, dividendes, transferts transgénérationnels, autres transferts…). Il s’agit d’un modèle, donc l’importance ne doit pas être portée sur les chiffres mais sur l’idée générale, sur le fonctionnement global.

Actuellement, l’état subit un crise financière couplée à une crise de confiance lorgnant sur une crise systémique éventuelle. Afin d’éviter ce triplet importunant, le législateur décide d’injecter une certaine somme afin d’éviter une crise systémique.

Mais qu’en est-il des conséquences? Chômage, déflation et récession, l’autre triplet qui agace.

Afin de résoudre cette crise, voici une idée qui aurait pu être appliquée et qui aurait presque surement résolus les deux sombres triplets suivant: (crise financière; crise de confiance; crise systémique) et (chômage; déflation; récession).

Nous sommes au XXIème siècle. Le siècle de l’information mais aussi celui de l’interaction. Les prix et les salaires deviennent de moins en moins rigides, même si ces rigidités sont nécessaires et doivent perdurer. Cependant, pourquoi les taxes sont toujours aussi rigides (à la hausse…), et cela même en temps de crise ?

Jouer sur la valeur de ces leviers serait pourtant une excellente alternative aux injections de liquidités massive actuelles.

Mais avant toute chose, uniformisons !

Est-ce normal de vivre avec une diversité aussi forte de taxes et impôts en tout genre en France particulièrement ? Certains économistes ont pourtant montré qu’un choc de confiance positif pouvait être enclenché par le licenciement de fonctionnaires, ce licenciement devant être massif pour “choquer” positivement les ménages. Mais pourquoi licencier lorsque le temps et la démographie font à eux deux très bien les choses ? La démographie réduit le nombre d’actifs et le temps permet de ne pas renouveler les postes de fonctionnaire. Même si cela aurait du être fait depuis bien longtemps, le temps contribue aussi à l’innovation technique (en général), et permet donc de profiter des dernières technologies de l’information, visant à réduire les coûts (en argent certes, mais aussi en temps, en termes de stockage matériels par l’immatériel, en termes de portabilité et d’adaptabilité…) de l’administration publique: l’administration doit fortement réduire ses frais de fonctionnement en optimisant ses ressources actuelles et en les améliorant grâce au NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication). Ceci contribuerait dans un premier temps à fortement réduire, à long terme, la charge de fonctionnement de l’état. Paiement par internet pour toutes les taxes, centralisation de l’ensemble des taxes à un seul compte internet (comme Google le fait avec les email, les documents, les vidéos (YouTube), les publicités côté éditeurs de site internet (AdSense), les publicités côté annonceurs (AdWords)…), paiement par carte de crédit avec débit immédiat, différé ou échelonné (alors que ce genre de modification mobilise une ressource humaine et matériel trop importante actuellement), lisibilité et transparence de ce que doit le citoyen à l’état, de ce qu’il déclare et de ce qu’il reçoit de l’état (des allocations chômages aux allocation familiales, retraites etc…), modification des données facilement et immédiatement (contrairement aux délais et aux moyens necessaires actuellement).

Ceci fait, l’uniformisation peut prendre meilleure forme: uniformiser les taxes en les rendant plus homogènes afin que, psychologiquement, l’on puisse se dire que l’on paye effectivement ses impôts une et une seule fois, simplement et clairement. Cela passe par une retenue à la source pour les impôts sur le revenus, salaires et traitements; par un pourcentage fixe et identique pour toutes les entreprises (compétitivité locale et mondialisée actuelle oblige) pour l’impôt sur les bénéfices; par une TVA uniformisée pour tout les types de produits hors alcools, cigarettes et autres produits polluants l’environnement ou la santé (carburants, sucres, graisses).

Mais ça s’arrête la !

En effet, pourquoi taxer le capital des particuliers ? Enfin devrait-on dire plus précisément: Pourquoi re-taxer le capital des particuliers ? Que ce soit lors de gains ou de pertes, ce capital investit est issu d’une retenue à la source, donc il a déjà été taxé. Pour instaurer une confiance optimale et surtout afin de réformer dans le fond la société, il faut aussi reformer les pratiques qui n’ont plus réellement de sens. De même, lorsqu’une société financière effectue une opération boursière bénéficiaire, les gains comptabilisés seront taxés de manière fixe, donc ne pas re-taxer le capital via une taxe sur les transaction financières est primordial dans l’entretien de la croyance générale de la reconstruction de l’Etat qui le fait vivre.

D’un point de vue plus politique: taxer des transactions financières revient en définitive à instaurer une friction là où jusqu’à présent il n’y en avait pas hormis les coûts de transactions issu du paiement d’un service rendu par les intermédiaires (suffisamment chères). Alors payer pour quoi ? Quel service nous rend l’état lorsque de nos jours ce type de transaction internationales ou nationales ne mobilisent que des ordinateurs entretenus par l’intermédiaire financier de ladite transaction ? Une taxe globale et identique sur les gains issus du capital doit néanmoins être envisagée afin de réduire les prises de risque sur des investissements qui ne sont pas sans risque et de limiter l’épargne afin que l’argent ait plus tendance à participer à l’économie plutôt qu’aux bas de laine. La mondialisation de la finance en général doit inciter les états à se concerter au niveau de la planète afin de décider ensemble de cette taxe que chaque pays appliquerait au niveau national mais dont le pourcentage serait identique au niveau international.

Les leviers générés par ces réformes de fond, et en fait complètement inapplicables par le simple fait des fortes rigidités syndicales (en parlant de rigidité !!!), permettraient de maintenir le moteur de l’économie, la consommation, à des niveaux jamais atteints. De plus, l’investissement, issue du sursaut de la consommation, permettrait de s’approcher presque surement d’un niveau de chômage bien en dessous du chômage structurel bien difficile à vaincre sans mesures chocs. Enfin, la confiance des habitants envers leur législateur serait solide et pérenne.

Alors évidement, certains me parleront des deux piliers de la société franco-sociale (joli néologisme bourré de sous-entendus): la Retraite et la Sécurité Sociale. Je répondrais ceci: rien n’empêche l’Etat de participer via le prélèvement unique à la source au financement des retraites et de la sécurité sociale (tout comme il participe au financement des universités ou des hôpitaux par exemple). De plus, si la consommation augmente aussi fortement que ce système peut le permettre, les recettes de TVA, de la taxe sur le capital ou de l’impôt global de 40% permettrait largement de financier les caisse de retraite et la sécurité sociale pour tous.

N’oublions pas que les transfert monétaires, immobiliers ou financiers intergénérationnels doivent être taxés comme si il s’agissait d’une transaction de capital (donc de manière bien moindre que ce qui se pratique actuellement, notamment concernant les héritages). En effet, l’héritage est une ressource net pour la génération suivante (car la personne décédé a bien payé tout ses impôts et autres charges à l’état concernant ses actifs avant de mourir). N’allons pas rendre redevable un cadavre qui avait travaillé toute sa vie afin de réunir une certaine richesse nette pour que ses enfants en profitent.

En conclusion, de profondes modification doivent être entreprises par l’état. Les bouleversements actuels doivent non seulement participer à la prise de conscience globale mais aussi inciter à l’action. La flexibilisation des taxes consécutivement à une harmonisation et une simplification profonde permettrait à l’économie de relever la tete et aux citoyen de gonfler la confiance perdue qu’ils avaient envers l’état.

Économie-Finance.com

Beaucoup pensent que cette crise est catastrophique. D’autres prévoient même une période de récession inédite dans l’histoire depuis 1929. Certains annoncent une reprise du volume des crédits accordés aux entreprises et particuliers dans de nombreuses semaines. Bref, le cataclysme à les écouter. Mais sur Économie-Finance.com, notre approche sera différente.

Nous voudrions en effet vous exposer les nombreux avantages d’une crise en général, et de cette crise en particulier. Nous nous garderons bien de prêcher le mal en édulcorant l’information économique par une propagande louant les bienfaits d’une crise systémique et/ou d’un “credit crunch.” Mais savoir qu’une crise n’est pas que et uniquement mauvaise peut avoir du bon pour l’avenir.

Justement, en parlant d’avenir, quelles décisions peuvent favoriser tout d’abord l’Europe politique et économique? La réponse est catégorique: l’entrée de l’Islande et de la Norvège dans l’union européenne et leur acceptation dans la Zone Euro avec l’Angleterre (si elle même le veut enfin) rendrait service à toutes les parties. De plus, un tel élan, consécutif à la crise actuel, entrainerait une solidarité et une union en ce qui concerne la politique économique globale. En effet, mis à part l’exigence de Maastricht des 3% de déficit budgétaire et la BCE (politique monétaire commune à la Zone Euro), aucune union n’émerge en ce qui concerne l’harmonisation fiscale et administrative d’un point de vue économique. Mais la rationalisation économique actuelle impose une mise à plat globale des institutions nationales, ce qui est une chance (à saisir) pour l’Europe de profiter des synergies qu’elle tente de créer depuis maintenant plus d’un demi-siècle. L’appel de l’unité en termes de fiscalité ou de dépenses budgétaires liées à l’administration devrait se faire entendre et cette crise permettrait d’optimiser ces secteurs institutionnels si opaques et parfois hors de tout entendement.

Et les marchés financiers dans tout ça ? Les marchés sont les marchés, ils doivent UNIQUEMENT réagir aux variations d’offre et de demande des actifs financiers. Par contre, l’information financière, jouant un rôle primordial (notamment à cause des nouvelles technologies de l’information), doit être beaucoup “plus” supervisée. Une législation ou un cadre législatif plus vaste devrait encadrer la profession journalistique concernant la véracité des informations transmises aux intermédiaires financiers (et à fortiori au grand public). L’information contribue à amplifier les crises (et, de façon similaire, les bulles) ce qui nuit fortement à l’économie en provoquant de brusques retournements financiers qui affectent la confiance des entreprises et des ménages sclérosant un peu plus les mécanismes macroéconomiques de base contribuant au bon fonctionnement de l’économie tout entière, je pense notamment aux crédits.

Ajoutons à cela le paradoxe des ratios prudentiels. Le schéma actuel en situation de crise économique et de revalorisation des risques (et donc des actifs) concernant les banques est le suivant: L’effondrement immobilier a conduit à l’implosion des subprimes, qui a entraîné des dépréciations d’actifs massives et des provisions bancaires en chaîne. D’où une baisse généralisée des actifs qui creusent davantage encore les pertes des banques. Ces dernières se voient obligées de constituer à nouveau des provisions, ce qui fait fondre leurs fonds propres. Comme les banques doivent avoir un capital minimum (ratios prudentiels), elles doivent vendre une partie de leurs actifs dépréciés pour reconstituer leurs fonds propres. En faisant cela, elles précipitent à nouveau le prix des actifs à la baisse, ce qui creuse à nouveau leurs pertes. A nouveau, les fonds propres deviennent insuffisants, donc il faut à nouveau vendre des actifs (encore plus dépréciés qu’au tour d’avant), ce qui entraîne à nouveau une baisse des actifs, etc… A ce rythme la, les actifs vont se rapprocher de la valeur “0″ ! Les banques sont obligées de vendre, de par la réglementation prudentielle. Or en face, il n’y a pas d’acheteurs… Une reconsidération des ratios prudentiels est donc nécessaire car elle contribue à renforcer la crise, surtout lorsqu’il s’agit d’une crise bancaire: ces ratios qui ne sont pas adaptés aux hautes fréquences et aux crises systémiques entrainent la sphère financière vers une spirale de dépréciations d’actifs incontrôlée car obligatoire pour les banques ce qui est fortement néfaste pour la sphère réelle (économique). L’élaboration de nouveaux ratios prudentiels (se dirige-t-on vers Bâle III ???) doit donc prendre en considération cette spirale négative de dépréciations quasi-obligatoires afin de ne pas participer à l’amplification des crises. Ce Bâle 3 devra aussi encadrer de manière plus stricte la comptabilité des produits dérivés… mais on en discute ci-après.

Spéculation ou couverture ? Comment comptabiliser des produits dérivés ayant pour unique objectif une gestion rigoureuse des risques (couvertures des risques) et des produits dérivés ayant pour objectif de décupler une hausse ou une baisse à des fins spéculatives ? Comment prendre en compte ces deux achats de produits dérivés qui en fait sont identiques sur le marché financier ? Dernière question: comment légiférer, proposer ou émettre une idée sur un sujet ou la bonne gestion et la mauvaise action sont complètement indifférencié sur le marché ? C’est comme si Gargamel était peint en Bleu et Blanc et coiffé d’un magnifique couvre-chef de Schtroumpf. Je n’ai pas de réponses, mais je vous ai apporté certaines questions qui en méritent ! Un nouveau Bâle 3 devrait encadrer ces deux types de pratique qui devront forcement être différenciées au moins au sein des institutions financières. Je précises: institutions et non pas uniquement les banques.

Car les Hedge Funds jouent désormais un rôle aussi important que les banques. Et il ne faut plus le négliger. Un fond doit aussi être noté, surveillé, soumis à des ratios prudentiels et à une catégorisation en fonction des risques etc… Noté un fond par rapport à l’institution financière qui l’émet devient aberrant. Mais ne pas prendre en compte l’institution financière qui le gère serait tout aussi aberrant. Un juste milieu dans la notation doit donc être trouvé.

Mais tout cela doit mener à une rationalisation des marchés financiers. Tout ceci doit donc déboucher sur une optimisation des procédures de contrôle des banques et des institutions financières. Que ce soit l’information financière, le cadre institutionnel économique (budgétaire et fiscal) ou les innovations financières, il faut profiter de cette crise pour instaurer de nouvelles règles (pas forcement en légiférant) de bonne conduite permettant de minimiser la survenance de telles crises, ou du moins de les prévenir.

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L’actualité l’exige. La crise des subprimes, démarrée depuis plus d’un an déjà (février 2007) prend une nouvelle dimension ces derniers temps (septembre/octobre 2008). La faillite de Lehman Brothers, la pseudo faillite de Merrill Lynch (rachetée par Bank of America à la rescousse), AIG nationalisée, Fortis qui boite rachetée par l’état néerlandais et BNP Paribas, WaMu (Washington Mutual, première caisse d’épargne outre atlantique) qui dépose le bilan… les dominos ne s’arrêtent pas en si bon chemin: Les dirigeants des quatre grandes économies européennes ont tenté de rétablir la confiance au cours d’un mini-sommet à Paris sur la crise financière, début Octobre 2008, alors que le gouvernement et le secteur bancaire sont tombés d’accord dimanche pour porter à 50 milliards d’euros une ligne de crédit afin d’éviter la faillite de la Hypo real Estate, quatrième banque d’Allemagne.

Les autorités des marchés britanniques et les responsables politiques discutent de l’avenir de la caisse de crédit Bradford & Bingley, fragilisée par la crise du crédit et de l’immobilier et susceptible de devenir le deuxième établissement bancaire nationalisé après Northern Rock.

En effet, depuis plus d’un an et la première faillite d’un banque depuis bien longtemps qu’étaient Northern Rock en Angleterre et Bear Stearns aux USA, la finance mondiale n’avait pas connue telle débâcle depuis 1929.

Mais entre temps, deux chercheurs ont modélisés de tels événements: Diamond et Dibvig (1983). Comme producteur de liquidités, les banques transforment les dépôts reçus des agents excédentaires de ressources en crédits, auprès des investisseurs qui en manifestent les besoins. Cette fonction ne peut connaître de succès que s’il y a adéquation entre les termes des dépôts et ceux des crédits. Si à un moment donné, les déposants ont des doutes sur la solvabilité des banques, ils font recours aux retraits massifs et créent une situation de panique bancaire. Diamond et Dybvig (1983) ont élaboré un modèle pour expliquer ce phénomène. Ils considèrent que les banques ont l’aptitude de protéger un ensemble d’agents contre le risque de dépréciation de leurs actifs financiers qui peuvent être convertis en fonction de leurs préférences de consommation. Ils envisagent une période de trois horizons (T= 0,1,2) . Ils admettent que le choix des investissements dépend d’un processus productif dont le
rendement R>1 en T = 2. Mais si le processus est interrompu en T = 1, on aura R = 1. L’interruption du processus est liée à l’existence de chocs de consommation dont sont victimes certains épargnants.

Diamond et Dibvig (1983) établissent à cet effet une relation symbolisant les contrats optimaux de répartition du risque : 1 < C1 < C2 < R. ; avec C1 et C2 qui représentent respectivement la consommation des déposants de type 1 et 2. Cela signifie que les premiers vont procéder au retrait de leur épargne à l’horizon 1 et les seconds à l’horizon 2 pour satisfaire leurs besoins de consommation. Si les termes de contrat sont bien respectés, la banque se trouvera en situation d’équilibre parfait. Mais, si à la suite d’une panique bancaire, les déposants de l’horizon 2 anticipent les retraits, le système bancaire se trouvera en situation de déséquilibre et de fragilité.

Le jeu de dominos ne s’arrête pas en si bon chemin: suite à cette crise issue en grande partie des difficultés croissantes des ménages américains sur-endetté à rembourser leurs lignes de crédits, l’économie réelle est lourdement affectée, via un perte de confiance généralisée ainsi qu’une réévaluation globale des risques de la part de la banque impliquant une restriction du crédit sans précédents.

Les entreprises et les ménages ne peuvent plus investir ou consommer comme avant et c’est toute l’économie qui s’enrhume. La crise est bien présente car les premiers signes macroéconomiques pointent le bout de leur nez: hausse du chômage, baisse de la production industrielle, hausse de l’endettement de l’état, et… re-perte de confiance… la crise s’auto-entretien miraculeusement, comme la bulle l’eut fait en son temps.

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V. V. Chari, Patrick J. Kehoe et Ellen R. McGrattan ont-il véritablement jeté ce que certains nomment un pavé dans la mare ? A en croire l’intitulé de leur dernier document de travail de la Federal Reserve de Minneapolis, ils n’y vont pas de main morte. Petit retour en arrière…

La nouvelle économie keynésienne est un courant de pensée économique né dans les années 1980, qui se réclame de la pensée keynésienne pour quelques idées seulement, mais s’oppose à l’intervention trop rigoureuse de l’État lorsque le marché est incapable d’assurer une situation efficace. Il est né comme une tentative de réponse à la nouvelle économie classique.

Cette nouvelle école n’est pas un courant de pensée unifié, mais ses principaux participants, - Joseph Stiglitz, George Akerlof, Gregory Mankiw, Stanley Fischer, Bruce Greenwald, Janet Yellen et Paul Romer, sont d’accord sur deux points fondamentaux: la monnaie n’est pas neutre et les imperfections des marchés expliquent les fluctuations économiques.

La parenté avec Keynes est retrouvée quand ils abordent des questions de chômage involontaire, les forces du marchés ne suffisant pas. Ils partagent le même point de vue avec l’école de la nouvelle économie classique sur les anticipations rationnelles, à la seule différence qu’ils pensent que celle-ci n’est pas l’argument de taille pour affirmer l’existence de l’équilibre général, que le chômage est volontaire et enfin la neutralité de la monnaie.

Il existe d’autres courants de pensée économiques se déclarant les héritiers de Keynes : les néo-keynésiens (proches des néoclassiques ou néo-libéraux) et les post-keynésiens voulant refonder la véritable approche révolutionnaire de l’analyse de Keynes dans le Traité sur la monnaie (1930) et la Théorie Générale (1936).

A la question comment résumeriez-vous les principales propositions de la nouvelle macroéconomie keynésienne ?

Gregory Mankiw répond : « Les propositions centrales sont largement théoriques, plutôt que pratiques. Les nouveaux keynésiens acceptent le concept du monde telle qu’elle est résumée dans la synthèse néoclassique: à court terme, l’économie peut dévier de son niveau d’équilibre et les politiques monétaires et budgétaires ont des effets importants sur l’activité économique réelle ».

Alors, les modèles Nouveaux Keynésien ne sont-il pas si utiles pour l’analyse de la politique économique? Pas totalement. Bien que leur utilisation à outrance ces dernières années à démontré leur utilité sans contestes, Chari, Kehoe et McGrattan montrent ici que la principale raison de leur utilité quasi nulle réside dans le fait que de nombreuses modelisations les utilsant ont ajouté tellement de parametres (libres) que les dispositifs qui en découlent sont douteux.

Pour éviter cela, les auteurs conseillent d’ajouter moins de paramètres quitte à partir d’un petit modèle et d’avancer petit à petit de manière disciplinée afin d’apporter des preuves micro-fondées plus probantes renforçants ces modèles.

Lien vers l’article complet (en anglais)…

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Mark Carlson et Jason Steinman ont publié cet article originellement intitulé “Market Conditions and Hedge Fund Survival” dans la serie Finance and Economics Discussion Series du Federal Reserve Board (Washington, D.C.). Dans cet article, ils décrivent les conséquences des faillites de Hedge funds sur l’aggravation des crises financières en période de forte volatilité des marchés. De ce fait, ils construisent une analyse formelle inédite sur l’impact des conditions de marché sur la survie des Hedge Funds.

L’analyse est faite en prenant des données individuelles de fonds et d’industries par la suite agrégées. Ils trouvent effectivement que les rendements et la volatilité du marché influencent les faillites des fonds bien que l’impact dépend des stratégies d’investissement des fonds.

Les résultats de l’analyse sont utilisés pour prédire les faillites de fonds sur la base des rendements actuels du marché et d’une variété de scénarios d’évolution de marché (stress scénario). Ils trouvent que l’industrie des Hedge Funds est généralement robuste aux différents chocs.

L’article en lui même est bien ficelé mais il est tout de même trop empirique pour véritablement constituer un preuve fiable quant au lien entre les conditions de marché et les faillites de Hedge Funds. Cependant, la contribution intéressante de cet article est de fournir une information sur l’impact des conditions de marché que les probabilités de faillites. Tourné différemment, cela reste plus plausible. Ils trouvent en effet que quelque soit les taux de rendement du marché, les Hedges Funds sont plus prédisposés à la faillite en période de déclin des marchés US et de dépréciation du Dollar.

La volatilité est néfaste à quelques fonds tandis qu’elle peut être bénéfique pour d’autres. Qu’en serait-il d’une telle analyse en France, avec un secteur Hedge Funds balbutiant ?

Lien vers l’article (anglais)…

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